6 février 2010
Classé dans Environnement et société
Paru dans (5 février 2010)
La
Commission thématique environnement et énergie (CTEE)
souhaite initier un débat sur le climat et la justice sociale,
et invite les associations intéressées à y
prendre part en organisant des assemblées ou cercles citoyens
sur ce thème. Des membres de la CTEE seraient heureux d’y
participer comme personnes ressources.
Pourquoi
ce débat qui aurait dû se faire dans le cadre de l’enjeu
2, alors que cet enjeu ne doit débuter qu’après le
bilan de l’enjeu 1, probablement fin mars ? Principalement, parce
que la crise climatique révèle l’ampleur de la crise
écologique et sociale globale en cours; que la conférence
de Copenhague
est un échec qui ne peut être laissé sans suite; qu’une initiative
prometteuse du président de la Bolivie,
Evo Morales, demande que nous nous positionnions par rapport à
elle.
Ainsi,
toutes les associations locales ou régionales de QS qui
désirent prendre part au débat sur le climat et la
justice sociale peuvent communiquer avec nous. Comme base de la
discussion, nous proposons notre texte d’introduction et l’appel
d’Evo Morales, ci-joints.
CTEE
Note
: Ces débats devraient se faire sans nuire aux autres
campagnes en cours de QS.
Le sommet de Copenhague est un échec,
aucun engagement à la mesure de l’urgence climatique n’y a été pris.
Même les
dirigeants européens, qui se présentent souvent comme les défenseurs du
climat, n’ont pas
été à la hauteur du
défi. Le climat n’est pas une banque, ni une multinationale de
l’automobile, il ne bénéficiera donc pas du même intérêt. Un texte de
trois pages,
discuté en petit comité sans respecter le processus de travail des
Nations unies,
a été imposé à la hâte par un petit comité restreint (États-Unis, la
Chine,
le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud).
Si le texte, qui ne comprend aucun engagement contraignant
et aucune
réelle garantie de financement pour les pays les plus pauvres, n’a pas
suscité
d’enthousiasme, peu de pays s’y sont ouvertement opposés, il nous est
donc
présenté comme un accord, pas véritablement ratifié , mais pas non plus
rejeté.
Seuls
la Bolivie, Cuba et le
Venezuela osent condamner fermement cet « Accord ». Evo Morales, dans
un
discours retentissant prononcé lors du sommet de Copenhague a asséné
que
« la vraie cause des changements climatiques est le système
capitaliste.
Si nous voulons sauver la terre, il nous faut alors mettre fin à ce
modèle
économique ». Joignant l’acte à la parole, le président
bolivien à lancé
quelque jours plus tard une invitation aux mouvements sociaux et
populaires de
la planète à se joindre à lui lors d’une «Conférence mondiale des
peuples sur
le changement climatique et les droits de la ” Terre-Mère ” »
qui aurait lieu à Cochabamba en Bolivie du 19 au 22 avril
2010 (http://cmpcc.org/).
L’objectif de ce
sommet
alternatif serait d’analyser les causes profondes du changement
climatique et
de définir des stratégies d’action et de mobilisation pour défendre
« la
vie et la terre ». En plus d’un texte final, qui devrait
proposer des
engagements à la hauteur du défi climatique, il sera discuté de la
possibilité d’un
« référendum mondial » sur les objectifs à se fixer
pour lutter
contre le changement de climat.
Si
« l’Accord » de
Copenhague
reconnaît la nécessité de maintenir le réchauffement
global en dessous
de deux degrés centigrades, il n’est pas contraignant sur la manière de
le
faire et laisse à chaque pays l’initiative des mesures, gageons
qu’elles
reposeront essentiellement
sur des
mécanismes de marché, les
mêmes qui ont
montré leur inefficacité face à la crise financière.
D’autre
part, si on se fie au
Rapport de 2007 du GIEC, le seul scénario possible pour ne pas dépasser
un
écart de température de 2 °C prévoit des réductions d’émissions de 25 à
40%
d’ici 2020 et de 80 à 95% d’ici 2050 par rapport à 1990 pour les pays
industrialisés. De plus, le pic mondial d’émissions devrait se situer
vers 2015
(tableau RiD.6 du Résumé à l’intention des décideurs).
En clair, les émissions mondiales de GES
doivent commencer à diminuer en 2015 si on veut limiter l’augmentation
moyenne
de la température terrestre à 2 °C.
Copenhague ne comprend absolument rein qui permettra de
respecter son
seul « objectif » chiffré. Sans parler des risques de
basculement
brutal du climat qui pourrait survenir même avant une augmentation de 2
°C.
Les
changements climatiques
accentuent les inégalités sociales. Alors qu’il est de plus en plus
évident que
la cause du phénomène réside fondamentalement dans la logique
capitaliste et
productiviste d’accumulation des pays du Nord, les plus affectés par
les
changements climatiques seront les pays du Sud, ceux qui sont les moins
responsables. Déjà, dans ces pays, une multitude de systèmes naturels
sont
touchés et le réchauffement a des répercussions graves sur la santé des
habitants. Selon le rapport du GIEC, le rendement des cultures
baissera, même à
partir d’une hausse de 1 °C dans les pays du Sud, et les femmes qui
représentent 80 % des personnes vivant sous le seuil de pauvreté seront
plus
directement affectées. Il faut donc instaurer une justice climatique et
reconnaître la dette écologique des pays du Nord envers les pays du
Sud.
En
conclusion,
« l’Accord » de Copenhague n’est pas à la hauteur de
la crise
climatique qui nous menace et seule une mobilisation de masse peut
affronter
cette crise écologique mondiale. L’initiative d’Evo Morales reste donc
notre
seul espoir. Je crois que tous les personnes et organismes préoccupés
par le
réchauffement climatique devraient répondre favorablement à son appel (http://cmpcc.org/2010/01/06/85/#more-85),
car tout retard pris dans la réduction des émissions met en danger la
vie de
milliards d’êtres humains.
Commission
thématique environnement et énergie de Québec solidaire (CTEE)