7 janvier 2010
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Le développement durable et l’écosocialisme

Essai par Jean-Claude Balu

Développement durable et écosocialisme

Formation développée par Jean-Claude Balu

Introduction

Devrait-on récupérer l’expression développement durable pour en donner une représentation claire permettant de bien cerner les enjeux et de fixer des objectifs?

La croissance du PIB se traduit-elle par mieux-être ou plutôt pollution, dégradation des écosystèmes, épuisement des ressources, perte de la biodiversité, perturbation du climat?

Distinguer développement et croissance

Décroissance

Développement durabledéveloppement durable

Indicateurs

Relation entre l’IDH et l’empreinte écologique

Relation entre l’IDH et l’empreinte écologique

Analyse et constat

  • À partir d’un certain niveau de développement, la croissance économique se fait entièrement aux dépens des ressources de la planète, sans amélioration du développement humain.
  • Ce détournement du développement semble donc générer de l’activité comme fin ou, en définitive, du profit pour le profit.

Scénarios à éviter

Ne rien faire ou désastre écologique et social

  • Comme le disait Guy Debord, déjà en 1971 dans la Planète malade : « on ne ferait sûrement pas grand chose pour enrayer la pollution, tant que le système productif actuel demeurerait ».
  • D’ailleurs, si on se fie au constat : perte de la biodiversité, changements climatiques, pollution de toute sorte…. C’est finalement le scénario en cours.
  • De plus, un bon nombre de personnes, particulièrement les plus démunies, vivent déjà quotidiennement ce désastre.

Capitalisme « vert » ou verdissement de l’économie

  • En gros, comme le disait André Gorz en 1974, « internaliser de nouveaux coûts écologiques par des taxes ou des mécanismes de marché ». En somme, continuer à faire de l’argent en nous faisant payer et travailler pour « réparer » les dégâts déjà provoqués.
  • Il s’agit aussi de soutenir la croissance nécessaire au système par le développement d’une économie « verte » : énergie éolienne, voitures hybrides, biocarburants, tramway, pistes cyclables…
  • Ces réformes peuvent sembler une alternative, mais seront-elles suffisantes pour soutenir la croissance sans fin et exponentielle structurelle au capitalisme?

Capitalisme mondial intégré de saccage et transformation

  • L’intégration de l’État et du capital pour former une sorte de méga-pouvoir politicomilitaire-industriel où le bien commun et l’intérêt public sont délaissés pour satisfaire les intérêts économiques.
  • Rappelons que le PIB ou PNB croissent avec les catastrophes, les accidents, les maladies et les guerres; que le capitalisme prospère là où existe de la rareté.
  • Le véritable enjeu pour le capitalisme est donc de rentabiliser la crise écologique par le remplacement des fonctions naturelles saccagées par des marchandises ou services monnayables, probablement de plus en plus réservés à une élite.
  • Le capitalisme a donc structurellement besoin, pour continuer à croître dans un monde fini, de produire de la rareté par la destruction de biens nécessaires à la vie : eau, air, climat… Et, la « reconstruction » ou transformation se fera sur le modèle industriel.
  • Le meilleur des mondes, pour le grand capital, est celui où tout serait transformé et pollué selon ses intérêts et où nous dépendrions de plus en plus de lui et de moins en moins de la Nature, même pour les fonctions essentielles.

Scénario proposé : écosocialisme

  • Cornelius Castoriadis parlait ainsi du socialisme : « Il s’agit d’en venir à gérer la société dans son ensemble en fixant nous-mêmes les modalités du vivre ensemble ».
  • L’écologie politique découle de la prise de conscience que notre relation avec notre environnement est malsaine et qu’il faut s’organiser pour y remédier.
  • L’écosocialisme pourrait donc être un projet de société visant une maîtrise consciente des activités productives en fonction des besoins sociaux élémentaires et du respect des limites des équilibres écologiques, et ce, tout en respectant l’autonomie démocratique et productive des citoyens et en articulant différents niveaux de délibération et de production (global, national, régional, local).

Conclusion

  • L’alternative n’est pas entre le capitalisme vert ou une barbarie apocalyptique, mais bien entre l’écosocialisme et une barbarie capitaliste sans fin : « une sorte de production cyclique des maux et de leurs remèdes aggravants, tout en camouflant le reste », le tout accompagné de la gestion quotidienne des nuisances et désastres avec comme corollaire son lot d’exclus parmi les insolvables.

*Conférence présentée au Forum Social québécois*

Jean-Claude Balu est un militant écologiste et de gauche dans divers groupes et organisations. Il a été représentant du Parti vert du Canada au Québec de 1999 à 2001 et s’est présenté comme candidat dans Mont-Royal. Par la suite, il a cofondé le Parti vert du Québec en 2001. Maintenant, il est membre de la Commission thématique environnement et énergie de Québec solidaire en plus de travailler dans le domaine informatique.

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